Une exposition lille3000 dans le cadre de sa saison "Gare Méditerranée"
Héla Ammar & Shourouk, Blinded by the light, 2026 - Photo : Hugo Bellanger
À l’occasion de la Saison Méditerranée 2026 de l’Institut Français, la Gare Saint Sauveur, lieu vivant, familial et ouvert à tous les publics, devient la Gare Méditerranée, un espace où s’invitent les cultures.
Ce « focus Méditerranée » a pour objectif de faire découvrir au public le plus large, la richesse, la diversité et les enjeux contemporains de cette région du monde, en écho aux sujets explorés dans l’exposition collective présentée dans la Halle B de la Gare Saint Sauveur : Traversées.
Sous le commissariat d’Olfa Feki, l’exposition installée au cœur de la Halle B propose des œuvres monumentales et des installations immersives imaginées en binômes par des artistes marocains, tunisiens, algériens et des artistes français issus de la diaspora de ces pays. Partagés de part et d’autre de la Méditerranée, les duos façonnent des créations à quatre mains qui questionnent les identités, les mémoires, les territoires et les migrations.
Avec les artistes : Aisha Snoussi & Saïd Afifi, Haythem Zakaria & Adnen el Ghali, Hela Ammar & Shourouk Rhaiem, Hallima Imane Zoubia & Arafat Sadallah, Lassaad Ben Sghaier & Nidhal Chamekh, Mouna Karray & Férielle Doulain-Zouari, Sana Chamakh & Mehdi Klibi, Wiame Haddad & Sara Kaddouri, Bruno Boudjelal & Lola Khalfa.
VERNISSAGE PUBLIC LE JEUDI 28 MAI À 18H30. BIENVENUE À TOUTES ET TOUS !
Pour le lancement de sa saison Gare Méditerranée, lille3000 imagine un temps fort exceptionnel du 27 au 31 mai 2026 : concerts, spectacles, ateliers d’écriture, gastronomie, etc. avec la complicité de l’Aéronef, Attacafa, Le Grand Bleu, la compagnie Dyptik, le FLOW, Lila Djeddi, Samira El Ayachi (Mademoiselle S).
Ce programme s’inscrit dans la saison annuelle de lille3000 à la Gare Saint Sauveur en partenariat avec l’Institut Français, organisateur de la Saison Méditerranée 2026.
INFOS :
Mer > Dim : 12:00 > 19:00
En accès libre
Nocturne le samedi 23 mai pour la Nuit Européennes des Musées jusque 22:00
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"AU-DELA DE TOUTES LES MERS"
Exposition
Du 30 mai 2026 au 01 novembre 2026
Vernissage le vendredi 29 mai
Co-conçue par Le Cube – independent art room et La Condition Publique, l’exposition collective « Au-delà de toutes les mers » réunit une quinzaine d’artistes marocain·es, français·es et internationaux, toutes et tous lié·es de manière intime ou artistique au Maroc.
L’exposition collective “Au-delà de toutes les mers” explore les circulations de populations, de langues, de cultures et de récits autour et au-delà de la mer méditerranée - et en particulier entre la France et le Maroc. Fortement marquées par la colonisation occidentale, notamment française, mais également par une longue histoire de relations géopolitiques et d’influences multiculturelles, ces circulations sont envisagées ici non pas comme de stricts déplacements d’un lieu à un autre, mais comme de véritables flux sans cesse mouvants, engendrant aussi de la relation et de l’inattendu.
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"INSPIRATIONS DU LOINTAIN" : NOUVELLE GALERIE THÉMATIQUE
Ouverture le 5 juin 2026
Au fil des échanges commerciaux, des voyages et des conquêtes, l’Europe s’ouvre dès le XVIe siècle à des mondes lointains. Influence des arts du monde islamique, fascination pour l’Asie, Amérindiens de fantaisie, mais aussi nouveaux objets nés de l'arrivée de produits exotiques... , la galerie Inspirations du lointain donnera à voir les conséquences de cette première mondialisation sur le répertoire des artistes européens à travers les collections du musée.
Pour la première fois au Palais des Beaux-Arts, une galerie permanente présente l’histoire de l’art non pas en fonction d’une période historique ou d’une école géographique, mais d’un phénomène partagé par toute l’Europe et qui traverse toute l’époque moderne, du XVIe au début du XXe siècle.
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"HAMED ABDALLA : SIGNES D'ÉGYPTE"
Exposition
Jusqu'au 12 juillet 2026
Cette exposition rétrospective rend hommage à une figure majeure de l’art moderne égyptien : l’artiste Hamed Abdalla (1917-1985) dont l’œuvre prolifique au fil de cinquante-deux années de création a contribué à redéfinir les trajectoires de l’art dans les mondes arabes, africains et méditerranéens en contexte postcolonial.
Rassemblant un ensemble exceptionnel d’œuvres et d’archives conservées par la famille de l’artiste, l’exposition retrace les différentes étapes de sa vie et de son œuvre. Peintures, dessins, lithographies et documents personnels sont mis en regard afin de recomposer le portrait de cet artiste singulier et de retrouver à travers son parcours les échos de toute une époque.
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Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre rôle de commissaire en quelques mots ?
Je suis commissaire d’exposition autodidacte et j’ai commencé à travailler très jeune dans le champ de l’art et de la culture. Ce parcours m’a permis de développer une approche assez intuitive et pragmatique du commissariat, en lien direct avec les artistes, les lieux et les publics. Mon travail consiste avant tout à créer des espaces de rencontre : entre les œuvres et le public, mais aussi entre des univers qui ne se croisent pas toujours. J’accorde une attention particulière à la manière dont les expositions peuvent être accessibles, lisibles et accueillantes, sans jamais simplifier les propos artistiques
De quoi parle cette exposition dans le cadre de la saison Méditerranée à la gare st sauveur ?
Cette exposition propose avant tout un regard sur ce que nous partageons. Elle ne cherche pas à définir des identités fixes ni à opposer des territoires, mais à montrer comment les expériences humaines se construisent dans le déplacement, le doute et la transformation. La Méditerranée devient ici un point de rencontre, un espace commun où des récits différents coexistent et dialoguent. L’exposition invite à considérer que, malgré nos parcours singuliers, nous faisons partie d’un même monde et que reconnaître cette diversité vécue est une manière de créer du lien, de l’écoute et, peut-être, d’apaiser nos rapports aux autres.
Quelle était votre intention principale en concevant cette exposition ?
Mon intention était de créer un espace où la complexité des expériences humaines puisse se révéler sans jugement ni rigidité. Je voulais que chaque œuvre offre un point de résonance différent, un moment où chacun peut se sentir reconnu, y compris dans ses contradictions et ses fragilités. L’exposition cherche aussi à dépasser la vision négative que l’on associe habituellement à l’exil : il ne s’agit pas seulement de départ ou de perte, mais d’un processus de transformation, de réinvention de soi et de ses liens avec le monde. En laissant de côté les cadres figés, elle invite à percevoir nos identités comme fluides et nos récits comme malléables, et à considérer la diversité des parcours comme une richesse partagée.
Qu’aimeriez-vous que le public retienne après avoir visité l’exposition ?
J’aimerais que le public reparte avec un sentiment de résonance plutôt que d’explication : qu’il ait trouvé au moins un point où il se reconnaît, un écho à sa propre expérience ou à ses questions sur le monde. Que cette rencontre avec les œuvres ouvre une petite respiration, un espace pour imaginer la complexité des identités et des parcours humains avec plus de souplesse et de bienveillance. Et peut-être, qu’en voyant ces récits croisés, chacun puisse percevoir que nos différences ne nous séparent pas, mais peuvent au contraire devenir une richesse partagée, capable de nous relier et d’apaiser notre regard sur le monde.
Un souvenir en Méditerranée ?
Pour moi, la Méditerranée n’est pas un lieu unique, mais une expérience vécue à travers mes déplacements, qui m’a permis de me retrouver, de mesurer ce que j’étais et ce que je suis devenue. C’est cette image de la mer vue de l’avion, immense et mouvante, qui me revient toujours : un point de repère qui relie les lieux et les histoires, et qui rappelle que chaque rencontre, chaque passage, participe à la construction de soi. La Méditerranée est ainsi pour moi le miroir du monde et de moi-même, un espace à la fois concret et symbolique, où la lumière, le mouvement et les passages façonnent le regard que je porte sur les autres et sur moi.